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Avez-vous pensé à un accompagnement à distance ?

Sortir de la plainte et ouvrir les possibles

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« C’est d’ordinaire avec notre être réduit au minimum que nous vivons; la plupart de nos facultés restent endormies, parce qu’elles se reposent sur l’habitude qui sait ce qu’il y a à faire et n’a pas besoin d’elles » Marcel Proust – A l’ombre des jeunes filles en fleurs

Quand ça ne va pas…

Nous avons tous entendu, voire prononcé soi-même des phrases du type : « Je n’en peux plus de ce travail que je trouve inintéressant au possible », « j’en ai marre de ces collèges que je trouve désagréables, et peu professionnels ». De telles expressions peuvent être prononcées sur un coup de tête, sous l’effet d’un « ras-le-bol » et de la fatigue. Elles peuvent alors agir comme une soupape qui libère la pression, sans que la réalité ne soit préoccupante. C’est un premier cas de figure. Si par contre l’expression de ces « ras-le-bol » devient récurrente, cela peut se transformer en plainte. Nous allons voir comment la plainte peut être le signal d’un changement à amorcer, à condition de ne pas s’enfermer dans une forme d’immobilisme.

Comment reconnaître la plainte ?

La définition que donne le Larousse est : « Parole, cri, gémissement qui exprime la douleur, la peine ». François Roustang, dans son livre ‘La fin de la plainte’ aux Editions Odile Jacob, ajoute la notion d’excès : « Manifestation d’une peine ou d’une souffrance, elle se caractérise par un excès à leur égard », et cite La Fontaine « la douleur est toujours moins forte que la plainte »

La plainte, signal d’une souffrance qui n’est pas toujours identifiée ?

Dire ses motifs de frustration et exprimer sa peine, en lien avec une personne ou une situation insatisfaisante, revient, d’une certaine façon, à montrer la pointe émergée de l’iceberg : la réalité est appréhendée et décrite de façon superficielle, comme des bulles de frustration qui se renouvellent en permanence à la surface des choses. Il arrive que la souffrance qui est reliée à cette plainte soit ressentie, mais pas forcément identifiée clairement. Car elle se situe sous la ligne de flottaison, dans des zones moins conscientes. Ainsi, de façon cachée, la souffrance se perpétue, tant qu’elle n’est pas suffisamment reconnue, conscientisée, comprise de la personne qui la porte, en lien avec son histoire de vie. Mettre des mots sur ce qui se vit est un premier pas essentiel sur le chemin de la guérison, et la disparition de la plainte.

Quel effet sur l’entourage ?

Il arrive que la plainte suscite le rejet : l’entourage peut être agacé d’entendre des propos dont il ne comprend pas la signification, et qui peuvent même lui paraître peu crédibles, pour peu que la réalité soit décrite avec excès. Ce qui peut avoir pour effet de nourrir la plainte, un peu plus par celui qui ne se sent pas compris. Il arrive aussi que l’expression de la plainte suscite des marques d’attention, sous forme de considération, apitoiement, consolation. Elle suscite parfois l’envie, chez un interlocuteur empathique, d’aider son congénère à sortir de la souffrance.  Nous pouvons nous attendre à ce que la personne plaignante soit ouverte et reconnaissante aux tentatives d’aide de son entourage, quitte à faire le tri parmi les propositions. Pourtant, les pistes de solutions proposées peuvent générer chez le plaignant une véritable contrariété. Pourquoi donc ?

Le piège de l’immobilisme et du statu-quo : une certaine vision du monde 

D’où vient cet immobilisme ? Lorsqu’on est dans la plainte, on pense que c’est l’ordre des choses qui doit changer et pas nous-même. Le corollaire de cette façon de penser, c’est que la faute doit en être attribuée à l’autre : le système, la société, le destin, ses collègues ... Reste à nous lover dans notre frustration et nos habitudes, et à attendre que cela change, peut-être, un jour. Cela peut durer longtemps, d’autant que la plainte se conjugue à tous les temps : au passé, il est possible par exemple, d’entretenir le souvenir d’un événement douloureux survenu il y a longtemps, de cultiver le regret et la nostalgie, et attendre passivement - sans forcément y croire – réparation. Elle se cultive également au présent et au futur : le fait de ne rien changer à l’existant permet de rester connecté à un idéal, un fantasme, bref, la vie telle que l’on aimerait qu’elle se déroule. Ainsi, le registre de la plainte se nourrit de statu-quo.

La plainte comme préalable à un nécessaire changement

Pourtant, il arrive qu’après une période plus ou moins longue et douloureuse, l’envie de sortir de cette frustration et de cette impuissance prenne le dessus, et apparaisse comme une absolue nécessité. La question, alors, se pose : comment faire, où est le mode d’emploi ?

Les étapes pour sortir de la plainte

Plusieurs étapes sont nécessaires, avec des changements de représentations : - retirer le surcroît qui enrobe la peine : voir la réalité telle qu’elle se présente, ni plus ni moins - sortir du refus de la réalité : accepter que la réalité soit ainsi, et pas autrement - arrêter de penser que c’est le monde qui doit changer : il s’agit au contraire de changer sa propre façon de voir les choses, et de prendre ses responsabilités - sortir de l’immobilisme et des habitudes : engager des actions nouvelles. La plainte peut être un véritable signal pour se faire aider, et consulter un professionnel de l’accompagnement, qu’il soit thérapeute ou un coach, selon les besoins. L’enjeu est alors de restaurer sa capacité à créer sa vie, en lien avec le monde qui nous entoure.

Illustrations

Voici deux exemples, il y en a d’autres : Des difficultés relationnelles peuvent être traversées et surmontées grâce à des séances de coaching, qui permettent de prendre du recul, comprendre ce qui se joue, et trouver des modes de communication plus ajustés.Un mal-être au travail peut signifier qu’il est temps de penser à un autre projet professionnel, et réaliser un bilan de compétences ou un coaching de transition. Et si un accompagnement court ne suffit pas, une démarche thérapeutique est à envisager.

La plainte n’est pas une fin en soi, elle peut même devenir le signe d’un renouveau qui s’amorce.

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